Homme avec sac à dos et raquettes dans paysage de montagne et neige
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Randonnée en raquettes dans le Haut-Verdon : 5 jours en mode trappeur

Vous avez lu Croc-Blanc ? Ce livre a été une révélation dans mon paysage imaginaire d’adolescente. Le Grand Nord dans toute la majesté de la vie sauvage, les forêts implacables du Yukon profond où trappeurs, indiens et bêtes sauvages tentent de survivre au coude à coude.

Aujourd’hui, mettez-vous dans la peau d’un trappeur.

Celui qui part avec ses raquettes à tamis et sa chapka en peau de renard, au fin fond d’une forêt où personne ne viendra le chercher. Celui qui hume l’air frais à pleins poumons sur le seuil de sa cabane en bois au bord du torrent et qui touche alors du doigt ce que cela signifie, d’être en vie.

J’ai une bonne nouvelle pour vous ! Nul besoin de vous aventurer dans le Yukon profond. Voici le récit d’un itinéraire de 5 jours de randonnée en raquettes (avec 2 jours de pause) au cœur du Haut-Verdon, réalisé entre Noël et le jour de l’an, histoire de partir s’isoler dans les montagnes pour vivre l’aventure en mode trappeur avant de ré-attaquer la nouvelle année.


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Infos pratiques : Randonnée en raquettes en Haut-Verdon

CARTES :
  • Carte IGN : TOP 25 n°3540 OT « Barcelonnette, Pra-Loup, Le Sauze, Allos »
ALTITUDES :
  • Départ : Piste au-dessus du hameau de chasse, env. 1500m
  • Cabane de Joyeux : 1936m
  • Pic intermédiaire : 2440m entre Joyeux et Sangraure
  • Cabane de Sangraure : 1970m
  • Période conseillée : de novembre à mars, en fonction de l’enneigement.
DÉNIVELÉ TOTAL :
  • Jours 1 : Parking de Chasse -> Cabane de Joyeux : +436m (4 heures pour nous, à un rythme très tranquille)
  • Jour 2 : Repos
  • Jour 3 : Cabane de Joyeux -> Cabane de Sangraure : +504m ; -470m (6 heures en y allant mollo)
  • Jour 4 : Repos
  • Jour 5 : Cabane de Sangraure -> Chasse : -470m

Départ au hameau de Chasse et montée à la cabane de Joyeux

Il fait beau, et presque tiède, quand je m’engage sur la piste de cailloux et neige fondue qui démarre au hameau de Chasse, un peu au nord de Villars-Colmars, dans le Haut-Verdon (Alpes-de-Haute-Provence).

Le Haut-Verdon est méconnu et c’est dommage. C’est une région de moyenne montagne qui offre des paysages splendides de forêts de mélèzes et de torrents, au gré de vallons paisibles où travaillent encore les bergers pendant les estives.

Cabane de Joyeux au petit matin, dans le soleil
Cabane de Joyeux au petit matin, dans le soleil

La première étape de cette randonnée en raquettes est la cabane de Joyeux, sise dans le vallon du même nom. La piste qui longe le torrent est vite remplacée par un sentier qui grimpe sur le flanc Est du torrent en longeant le bois de la Moulière. Le Haut-Verdon est le paradis des cabanes. On en croise déjà quelques-unes à flanc de montagne.

Panneau de signalisation sous la neige indiquant la cabane de Joyeux
Il y a donc de la neige en ce mois de décembre !

Puis le sentier commence à grimper sur des parties à l’ombre, dans la forêt. La trace n’est pas faite et on se perd un peu sur le haut, mais cela reste praticable.

La montée nous prend en tout 4 heures, avec un rythme très pépère.

Cabane de Joyeux dans son vallon
La cabane de Joyeux émerge sur son replat

La cabane de Joyeux nous attend sur son replat dominant le vallon, avec un splendide couple de mélèzes en ligne de mire et la chaîne du Mercantour en fond de tableau.

Il n’y a personne : le côté trappeur est réussi !

On part couper du bois pour les deux nuits que nous passerons ici. Notre petite scie portative Fiskars fait miracle pour débiter les branches mortes de mélèzes qu’on trouve au pied des arbres, cassées par le poids de la neige.

Autre tâche indispensable : faire fondre de la neige régulièrement pour remplir les gourdes. Une opération de patience un peu fastidieuse mais néanmoins indispensable car aucune source ni torrent n’est présent autour de la cabane.

Réchaud à gaz et casseroler remplie de neige à faire fondre
Une importante tâche de trappeur : faire fondre de la neige pour avoir de l’eau à boire !

Arrive la fin d’après-midi. C’est l’heure d’allumer le poêle à bois. Il est fonctionnel et on arrive à faire monter la température jusqu’à 8°c à l’intérieur.

Sur une étagère, un livre traîne. Surprise : il s’agit du roman “Les oiseaux se cachent pour mourir”, un livre que je n’ai jamais lu mais dont le titre un peu dramatique m’a toujours inspiré des rêveries d’enfant.

On termine la soirée avec un petit jeu de société pour deux au coin du feu avant d’aller se coucher sur la mezzanine, où deux bons vrais matelas déjà présents nous permettent de passer une nuit de princesse.

Jeu de société sur table en bois avec bougie
C’est l’heure d’un jeu de société à la bougie !
Chaîne de montagnes du Mercantour au soleil couchant
Les derniers rayons du soleil sur la chaîne du Mercantour
Paysage de montagne, ciel rose et bleu avec mélèzes au coucher du soleil
Vue de la cabane de Joyeux au soleil couchant

Randonnée en raquettes “hors piste” vers la cabane de Sangraure

Aude avec lunettes de soleil et bonnet sur fond de montagnes enneigées
Conditions idéales pour une rando-raquettes : grand soleil et neige fraîche !

Elle est la plus éloignée de ce chapelet de cabanes de bergers composé de Chabaud et Joyeux, plus au sud. Par son éloignement et sa relative difficulté d’accès, la cabane de Sangraure porte en elle quelque chose d’intimiste, recluse dans son vallon au beau milieu d’une ravissante clairière.

On part dans un éblouissant soleil, à travers des champs de neige immaculés, scintillants sous la lumière crue de cette fin de décembre.

Paysage de montagne en neige avec crête et sapins
Les pentes neigeuses du cirque de Joyeux

Notre parcours hors des sentiers battus nous mène entre petits cols et pointes jusqu’à 2440m. La vue d’en haut sur le vallon de Sangraure est splendide. En cours de route, il nous arrive deux petits incidents de parcours : la perte d’une gourde et la fixation de ma raquette droite qui casse.

Homme en randonnée en raquettes sur une crête de montagne
Sur la crête qui surplombe le vallon de Sangraure

Avec une sangle de sac à dos et une bonne dose de DIY, la réparation de fortune me permet d’arriver saine et sauve jusqu’à la cabane de Sangraure.

Le vallon exposé Est à flanc de montagne tout proche garde la cabane à l’ombre une grande partie de la journée. Le soleil a déjà disparu quand nous arrivons après 6 heures de marche.

Jeune homme avec sac à dos en randonnée en raquettes en forêt
Dans la descente vers la cabane de Sangraure
Smartphone avec carte IGN et GPS
Bien utile pour suivre son itinéraire en montagne hors connexion : le logiciel Gaïa GPS

La cabane est enterrée sous un bon mètre de neige et on doit jouer des pelles pour la déneiger. Trappeur quand tu nous tiens…

L’intérieur est agréable, encore plus après un petit rangement bien mérité. Il y a deux belles fenêtres et une autre à l’étage, sur la mezzanine. Le poêle, plus rustique qu’à Joyeux, refoule un peu mais fait bien son office.

Réveillon dans les montagnes et chemin du retour

Nous passons deux nuits dans la cabane de Sangraure. La seconde est celle du réveillon du Jour de l’An ! Oui, il est des trappeurs qui prennent plaisir à fêter la nouvelle année loin de tout 🤠

Bols de petit déjeuner sur un banc en bois avec lunettes de montagne
Le petit déjeuner est prêt ! Lunettes de glacier obligatoires 🙂

On a quand même prévu un petit menu bien sympathique pour la dernière soirée de l’année : toasts de pain de figue au Faux Gras, aligot-saucisses (OK, avec knackis végétales), fondants au chocolat Gü et champagne.

Toasts de Faux Gras sur table en bois
C’est le repas du réveillon ! Au menu : toasts de Faux Gras sur pain de figues

Si vous n’avez pas encore fait l’expérience d’un réveillon en cabane, il n’y a rien de tel pour conjuguer dépaysement et tranquillité absolue.

Cabane de berger sur fond de forêt de mélèzes
Départ de la cabane de Sangraure

Le retour se fait dans une matinée de 1er janvier idéalement ensoleillée (globalement, nous avons eu un magnifique soleil sur l’ensemble des 5 jours). Quelques centimètres de neige ont été saupoudrés pendant la nuit, ce qui rend la progression en raquettes encore plus agréable.

L’itinéraire de descente suit le torrent qui longe la cabane de Sangraure, traverse la forêt, serpente entre des collines de neige et finit par longer le vallon de Chasse jusqu’au parking.

Cette parenthèse de trappeurs nous a tellement déconnectés de tout qu’il est difficile de retourner à la vie urbaine ! 

Homme en sac à dos en randonnée en raquettes, mélèze et paysage de neige

Mon matériel pour cette rando-raquettes

avec l’aimable contribution de Monsieur Matos
Doudoune Mountain Hardware Phantom Jacket Hoody noire femme
Doudoune Mountain Hardwear Phantom Jacket Hoody
Ma doudoune d’hiver en duvet (et oui, il peut y avoir des doudounes d’été !) pour toutes mes aventures où ma Patagonia Down Sweater n’est pas suffisante. Aussi gonflante et protectrice qu’un sac de couchage !
Veste Gore Tex Millet LD Kamet GTX jacket
Veste Millet Kamet GTX Jacket
Ma veste en gore-tex pro 3 couches pour être parée à toute épreuve. Avec elle, je sais qu’il ne peut rien m’arriver, quelle que soit la météo !
veste softshell montura kalimnos women
Softshell Montura Kamymnos
Respirant et coupe-vent, aussi à l’aise pour faire du scooter à Bali que pour marcher en raquettes, sur les crêtes comme en sous-bois.
Haut Smartwool Merino 250 Baselayer zip
Haut manches longues Smartwool 250
Très confortable en 1ère ou 2eme couche, en merinos, il régule ma température quand je marche et quand je m’arrête et point non négligeable, il ne sent rien du tout même au bout de cinq jours !
Pantalon Softshell Schoffel femme
Pantalon Shoeffel femme
Un pantalon softshell (coupe-vent, stretch, déperlant) qui m’accompagne de l’automne au printemps en randonnée ou en alpinisme. J’adore sa poche cargo qui permet de stocker stick à lèvres, mouchoirs ou autres !
Chaussures Scarpa Mont Blanc GTX women
Chaussures Scarpa Mont Blanc GTX Women
Première sortie pour ces chaussures d’alpinisme hivernal qui, il faut l’avouer, n’étaient pas de trop pour ce périple en raquettes en conditions froides.
Sac de couchage Mountain Hardwear Phantom Flame
Sac de couchage Mountain Hardwear Phantom flame
En montagne comme en voyage au bout du monde, en été comme en hiver, voilà mon kilo de réconfort ! Il passe sans problème jusqu’à -2°c et j’adore définitivement le confort “doudou” de sa plume.
sac à dos opsrey tempest 40
Sac à dos Osprey Tempest 40 L
Mon fidèle sac à dos qui m’accompagne partout, de la Mongolie au Pérou, du Maroc à Bali : je l’adore même si ses bretelles étaient un peu fines pour notre chargement hivernal.
Raquettes MRS Denali Ascent
Raquettes MRS Denali Ascent
Beaucoup plus souples et confortables que la plupart des autres raquettes, ces Denali ne sont pas toutes récentes mais elles ont une portance au top et accrochent bien dans les devers.
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