Glacier des Rouies dans les Hautes-Alpes
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Le renoncement : une chance, dans la vie comme en alpinisme

La langue de neige du glacier s’étend devant moi sur 700 mètres, scintillante sous le soleil qui ramollit déjà sa croûte supérieure. Après les premières crevasses qui strient le sol de sournoises lignes turquoises, elle remonte légèrement pour laper les pentes du sommet. 

« Il reste combien de temps ?

— À peu près une heure… à notre allure.

— Une heure !… »

Notre allure, c’est celle de deux escargots qui arpentent un champ de météorites. Je ne sens plus mes jambes et j’ai le souffle court. 

Ce sommet, c’est celui des Rouies dans les Écrins. Ce n’est pourtant pas en soi une expédition de l’extrême, c’est un sommet de débutant. Je m’étais promis qu’on en ferait l’ascension tous les deux, en ce début d’été où je sentais mes forces revenir après le diagnostic de maladie d’Hashimoto dont j’avais fait l’objet 4 mois plus tôt. 

3589 mètres d’altitude, 1100 de dénivelé depuis le refuge du Pigeonnier. C’était jouable. Il reste ce glacier à traverser et le petit ressaut sommital qui surplombe la rimaye. Celui-là, aucune idée de ce qu’il va nous réserver. Pour l’heure, les 250 mètres de dénivelés restants me paraissent insurmontables et les larmes me montent à la gorge. J’ai l’impression d’avoir 100 ans et j’ai envie de me servir de mon piolet comme d’une canne. Chaque pas me coûte. 

« On arrête là si tu veux, me lance mon compagnon (de cordée) qui s’inquiète de voir le glacier fondre sous le soleil matinal.

Je serre les dents :

— Non, on continue ».

Panorama de montagnes en été près du refuge du Pigeonnier dans les Écrins
Panorama de montagnes en été près du refuge du Pigeonnier dans les Écrins

Le renoncement : l’apanage des perdants ?

On connaît le dicton,

“Quand on veut, on peut.”

Innombrables également sont les maîtres à penser qui illustrent ô combien il est important de lutter pour gagner :

“Peu de choses sont impossibles à qui est assidu et compétent… Les grandes œuvres jaillissent non de la force mais de la persévérance.”

Samuel Johnson

Notre société a toujours célébré les combattants, les hargneux, les gagnants. Ceux qui ne lâchent rien, qui jusqu’au bout s’attachent à donner vie à leurs projets les plus fous, quoi qu’il leur en coûte. Pour obtenir, il faut se battre.

Renoncer, à l’opposé de la quête de la réussite, serait synonyme d’abandon, de résignation, de privation d’espérance, de manque de volonté, mais ce serait surtout : perdre.

Homme de dos avec doudoune noire, bonnet et chaussures d'alpinisme devant un panorama de montagne (illustration du questionnement sur le renoncement)
Y aller ou rester ? L’allégorie du renoncement

Nous y voilà. La ténacité serait une qualité élevée au rang de vertu suprême, alors que le renoncement serait l’apanage des perdants. De ceux qui ont jeté l’éponge. Ceux qui n’ont pas assez de caractère pour s’accrocher jusqu’au bout face aux événements de la vie et aux obstacles qui se dressent sur notre chemin.

Si l’on veut faire partie du cercle prisé de ceux qui ont la gagne, il faut de la force de caractère. Il faut s’acharner, insister et résister sous peine de passer pour un fieffé loser

Dans notre société, il n’y aurait de place que pour les gagnants.

Le renoncement et la question du choix

Mais reprenons là où nous en étions. 

Je suis en chemin vers le sommet des Rouies, une fort jolie montagne des Alpes du Sud. Nous sommes à 3300 mètres d’altitude, il fait beau, tout se passe bien, mais je suis à bout de forces et mes jambes ne me portent plus.

Et pourtant, je veux continuer, alors qu’on me propose d’en rester là.

Duo homme et femme en alpinisme, sur une pente de neige avec casques et cordes
La cordée ! Si l’un renonce, l’autre le suit…

Croyez-moi, si je reviens sur cette décision c’est qu’elle illustre bien le schéma de pensée qui a été dominant chez moi à ce moment-là (et, si j’accepte de l’admettre, qui est dominant tout court dans mon caractère et que je m’attache à progressivement essayer de changer, en entraînant mon esprit), insufflé par l’apologie de la résistance chère à notre société.

Au cours de notre vie, nous sommes sans arrêt pris en tenaille entre l’engagement / la persévérance et le renoncement.

Le renoncement est donc l’action de devoir faire un choix volontaire qui va inévitablement entraîner une perte (de satisfaction, de succès, de réussite). 

Ici, le choix pourrait être : je décide de ne pas continuer, au risque de ne pas atteindre mon objectif de parvenir au sommet.

Car pourquoi diable continuer alors que mon corps me dis stop ?

Je suis assise sur un rocher en montagne près d'un cairn, avec mon sac à dos
Quand le sac à dos commence à peser…

Si l’on regarde nos vies à la loupe, on peut facilement y voir un enchaînement ininterrompu d’actions qui impliquent en permanence d’arbitrer entre ces deux choix : le renoncement ou la persévérance.

À la proposition d’abdiquer, les arguments ricochent dans ma tête avec un petit air outré :

  • D’une, j’avais planifié cette course d’alpinisme de longue date avec mon fiancé. Après près d’un an de fatigue chronique qui m’avait ôté l’énergie de toute ascension en montagne, j’avais décidé de m’y remettre, j’étais à bloc ;
  • De deux, je suis débutante, mais ce sommet pouvait tout à fait se prêter au jeu des retrouvailles avec la haute montagne (faisable et loin d’être hors niveau) ;
  • De trois, je pensais que mon traitement contre l’hypothyroïdie, que je prenais depuis 4 mois, prendrait le relais ;
  • Enfin, mon fiancé aime passionnément la montagne et je me suis dit que stopper une course en plein élan pour cause de “coup de mou” me semblait être un crève-cœur. 

Mis à part le troisième argument, qu’on peut qualifier de rationnel, tous les autres ont de près ou de loin trait à la tyrannie de l’égo : “Je ne suis pas une mauviette, je tiendrai bon”. On voit bien ici planer la peur de l’échec.

Paire de chaussures d'alpinisme face à un panorama
Savoir s’arrêter pour se régénérer est la clé en montagne, quand on ne décide pas tout d’un coup de renoncer à toute tentative

Car c’est vrai, n’a-t-on pas lu ces grands récits d’alpinisme où les sommets ont été décrochés à la seule force du mental, alors même que le corps atteignait ses limites ? Que dans ces exploits qui touchent aux limites humaines, l’alpiniste combattant était redescendu des sommets déflorés parfois amputé de ses mains ou de ses pieds (cf. mon article : 5 bonnes raisons de débuter l’alpinisme) ? 

Se transcender et continuer jusqu’au bout de soi-même, au-delà des contingences physiques, n’est-ce pas là le vrai acte d’héroïsme ?

Vouloir se rapprocher de l’héroïsme, c’est avoir un égo gros comme… une montagne. 

Nous allons voir que l’égo est l’ennemi numéro un du renoncement, qui, pour autant, peut s’avérer être un outil de sagesse (et d’épanouissement) très utile.

Le renoncement, un outil de sagesse

L’égo est cette petite voix intérieure qui vous exhorte à exiger toujours plus pour vous-mêmes et qui vous flagelle si vous n’arrivez pas à obtenir ce qu’il désire.

Parvenir à faire taire l’égo demande travail et entraînement de l’esprit pour nuancer nos velléités de contrôle.

Dans un monde soumis à la dictature de l’égo, où l’on veut tout, tout de suite, où répondre sans frein à nos désirs (de pouvoir, de succès, de bonheur, de consommation) est un mot d’ordre absolu, où l’on a l’impression que le voisin fait toujours mieux, faire le choix de renoncer serait l’apanage des perdants.

Et pourtant.

Traversée d'un névé important dans le massif des Écrins, marche d'approche des Rouies
La traversée des névés est toujours périlleuse en été car la couche de neige est parfois très fine au-dessus des torrents

Dans nombre de philosophies ancestrales et pensées religieuses, le renoncement est vu comme un extraordinaire outil de sagesse.

Le renoncement est l’un des trois piliers (ou “véhicules”) du bouddhisme. Il fait appel à la notion de “lâcher-prise” pour nous détacher de tout ce qui nous fait souffrir, et, plus globalement, nous détacher des plaisirs mondains / égotiques qui exposent sans arrêt notre esprit à satisfaire toujours plus de désirs, souvent futiles. 

La philosophie du renoncement consiste à éloigner ce qui nous fait souffrir (pensées, émotions perturbatrices, désirs néfastes) en les chassant par divers moyens, notamment la méditation qui permet de prendre de la distance avec soi-même et de se placer en observateur (de nos désirs, de nos pensées). 

Champ de fleurs des montagnes avec vue sur la vallée du Valgaudemar, Hautes-Alpes
Champ de fleurs des montagnes avec vue sur la vallée du Valgaudemar, Hautes-Alpes

Tout acte ou toute décision qui nous aide à éclaircir notre esprit, à nous rapprocher du non-attachement, nous procure sérénité et un sentiment de paix intérieure. C’est, selon la sagesse bouddhiste, la voie à suivre pour être en paix avec soi-même.

En réalité, on se rend compte ici que renoncer à un désir peut même être source de bien-être et de développement personnel. 

En anglais, le renoncement est traduit par le verbe “surrender”, qui signifie littéralement “rendre les armes”. On cesse donc le combat, on prend du recul, on invoque le “lâcher-prise”, on s’abandonne et on observe ce qui se passe. Tout ça pour se sentir mieux avec soi.

Renoncer, c’est faire preuve de sagesse.

Tente éclairée de l'intérieur sur emplacement de bivouac à la tombée de la nuit, en montagne
En montagne, le refuge représenté par le bivouac et la tente est à la fois protecteur et réconfortant, loin des épreuves qui nous attendent le lendemain…

Le renoncement comme source de libération

“Comment diable renoncer à des plaisirs pourrait nous libérer ?”, êtes-vous bien en droit de demander. Vivre en épicurien, se noyer dans l’hédonisme effréné, n’est-ce pas là le secret pour être heureux ? 

Eh bien non. 

Sachez qu’Épicure lui-même prônait le renoncement. Pour lui, il existait plusieurs catégories de désirs. Parmi eux, les “désirs vains”, ceux qui sont “non naturels et non nécessaires” : la gloire, le pouvoir, les richesses, l’ambition, le luxe, etc. Ces désirs-là présentent la particularité de ne jamais pouvoir être assouvis même quand on les atteint, engendrant toujours plus de souffrance.

Épicure disait :

“Celui qui ne sait pas se contenter de peu ne sera jamais content de rien.”

Du coup, lorsqu’un désir se présente, il faut se poser la question des avantages qu’on pourrait retirer si l’on renonçait à ce désir.

Les Rouies, dans le massif des Écrins, ont des airs de dessin animé made by Miyazaki avec leurs cascades et leurs prairies verdoyantes
Les Rouies, dans le massif des Écrins, ont des airs de dessin animé made by Miyazaki avec leurs cascades et leurs prairies verdoyantes

Renoncer signifie-t-il quitter une attitude volontariste (d’atteinte d’objectifs) pour tomber dans la passivité résignée ? 

Pas du tout. 

Rappelons que le renoncement est un choix assumé et non subi, et c’est ce choix qui crée les conditions de la liberté.

Renoncer implique de faire un choix et donc, d’agir. On est acteur, on choisit de ne plus vouloir. C’est l’opposé d’abandonner avec dépit en faisant un constat d’échec, en se disant “qu’on aurait bien aimé si on avait pu”. 

Marcheuse en montagne dans les nuages, avec bâtons de marche
La marche d’approche dans les nuages est aussi aérienne qu’elle est épuisante et nous questionne sur la probabilité du renoncement

Dans mon cas présent : si je renonce à l’idée de parvenir au sommet, et donc à la satisfaction “d’y être arrivée”, quelle libération, quel avantage pourrais-je en retirer ?

  • D’une, je pourrais en retirer l’avantage immédiat d’écouter mon corps et d’arrêter de souffrir physiquement ;
  • De deux, je pourrais, si je ne m’obstine pas à continuer au-delà de mes forces, éviter de tomber dans une phase profonde d’épuisement (phase dont il m’a fallu plusieurs jours pour sortir NDLR) ;
  • De trois, je pourrais retirer l’avantage de savoir reconnaître mes limites. Et reconnaître ses limites, c’est faire preuve d’humilité. 

Renoncer, c’est un acte de liberté.

Anémone des alpes sur fond de verdure
Les fleurs des Alpes sont tellement splendides en été ! Ici des anémones des Alpes.

Le renoncement, le premier pas vers l’acceptation de soi

Loin d’être associée à un manque d’ambition ou de courage (face aux “battants” qui ne lâchent rien), ou pire, à un aveu de faiblesse, l’humilité c’est mesurer toute l’étendue du chemin qu’il nous reste à parcourir. 

Disons-le haut et fort : c’est un véritable acte de courage que de réussir à mettre son égo dans sa poche, plus encore, je crois, que de persévérer coûte que coûte au prix de souffrances et de sacrifices, tout héroïques soient-ils.

Pratiquer l’humilité, c’est commencer à s’accepter tel·le que l’on est. C’est le premier pas vers le chemin intérieur.

À ce propos, je vous conseille la lecture du livre Éloge de la faiblesse d’Alexandre Jollien qui met en perspective la possibilité de connaître la joie quels que soient les handicaps qui croisent notre route, et d’en sortir plus fort·e.

Je traverse un torrent avec mon sac à dos et mes bâtons
Passage obligé de la marche d’approche : la traversée des ruisseaux et torrents.

Mais revenons à mon ascension.

Bien loin du lâcher-prise, je décide donc de continuer. À coups de pauses très fréquentes et en mettant un pas après l’autre, mon corps ployé sous la fatigue, les difficultés respiratoires et le chaos cardiaque, l’ascension se poursuit.

Au cours de la dernière ligne droite, quelque chose d’étrange se produit. La joie me quitte. La joie de faire ce sommet à deux, la joie d’y parvenir s’évapore avec mon ambition tant la souffrance physique est grande. 

Je ne trouve plus de goût à l’épreuve. Chaque pas me coûte et je me maudis intérieurement de me faire souffrir. 

Le splendide Sirac dans les Écrins
Le splendide Sirac dans les Écrins, une montagne intemporelle…

Lorsque nous parvenons finalement au sommet, je m’écroule en larmes sur une pierre. C’est un comble. J’y suis arrivée mais la victoire, noyée de souffrance, a un goût amer. Un goût de trop. Il me faut un temps pour retrouver le contrôle de mes émotions et une petite méditation intérieure n’est pas du luxe pour parvenir à apprécier l’instant présent et admirer le paysage qui m’entoure.

Je citerai ici Lionel Daudet, éminent alpiniste contemporain, qui a su saisir toute l’essence du renoncement en alpinisme

« Je suis détaché. Je donne toute mon énergie et le meilleur de moi-même pour un sommet.  Mais si je vois qu’il y a de véritables raisons pour lesquelles un sommet est impossible, je peux renoncer sereinement […] En fait, rien n’est moins important que le sommet. Mettre toutes ses forces vers la cime et l’instant d’après, renoncer. Je pense que perdre parfois permet de se remettre en question et d’avancer, la victoire est conservatrice. Il n’existe personne qui réussisse tout. » 

Renoncer, c’est apprendre qui l’on est.

Quand le renoncement n'a pas marché : on arrive au sommet ! Ici avec mon casque et piolet au sommet des Rouies, Hautes-Alpes
Quand le renoncement n’a pas marché : on arrive au sommet… Ici je réussis à recomposer mon sourire, avec casque et piolet au sommet des Rouies, Hautes-Alpes

Le renoncement comme l’apprentissage de l’impermanence

Le renoncement nous apprend une chose essentielle, c’est que nous ne sommes pas tout-puissants. Il nous met face à notre propre narcissisme (l’égo, vous vous souvenez ?) et nous invite à faire le deuil d’un certain idéal de soi. Le deuil de cette personne qui réussit tout à la force de l’esprit (ou du reste).

Sommet émergeant des nuages sur fond de soleil
Le sommet, au loin, émergeant des nuages, presque inaccessible…

Christophe André, psychiatre et spécialiste de la pleine conscience, le formule ainsi :

“Renoncer, accepter de ne pas tout faire, c’est une limitation à notre sentiment de toute-puissance”.

Judith Viorst, dans son livre Les renoncements nécessaires : Tout ce qu’il faut abandonner pour devenir adulte, estime que « les renoncements nécessaires, les éléments que nous devons abandonner pour devenir adultes, font partie d’un processus qui dure toute une vie ». 

En renonçant à notre toute puissance, nous apprenons progressivement à devenir des adultes plus sages, en paix avec nous-mêmes, avec l’acceptation de nos faiblesses et, parfois, de notre impuissance.

Je suis emmitouflée dans mon duvet avec ma doudoune, allongée dans l'herbe
La crise d’hypothermie surgit quand on est à bout de forces : on s’emmitoufle alors dans son duvet en pleine journée avec sa doudoune et son bonnet…

Dans mon cas, je ne suis sans doute plus cette personne en pleine forme qui peut faire des activités sportives au niveau de ce qui lui chante. Je dois apprendre à m’écouter, c’est un travail de fond. Mais une fois que j’ai réalisé cela, je me sens libérée d’un poids ! Celui de la culpabilité de ne pas être à la hauteur.

Accueillir le renoncement, c’est donc reconnaître l’impermanence de toute chose, chère au bouddhisme. 

C’est accueillir le changement avec confiance, reconnaître qu’on n’est pas le / la même au fur et à mesure des années, accepter que certaines choses passent et que c’est la vie. 

Renoncer, c’est grandir.

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2 commentaires

  • viret frédéric

    Magnifique texte , ancré dans l’expérience ..les aller et retour entre cette expérience “alpinistique” et cette recherche que tu mène sur le renoncement est riche d’enseignement.
    Elle m’a conduit sur un autre terrain , celui de l’engagement (en montagne , dans la vie ) en vivant le détachement .
    être engagé et se détacher peut paraitre contradictoire alors que ces deux notions sont si complémentaires . Si je suis détaché du résultats (le sommet, ce que je peux obtenir ,modifier , transmettre ) alors l’engagement devient lumineux , simple , dénué de motifs personnels et acquière, par ce fait, une certaine puissance et beauté .

    Belle récupération Aude

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